JEAN-PAUL ELUTHER : « il nous faut construire notre législation sociale et notre modèle social en vue d'exercer notre souveraineté ».
QUEL EST LE SENS POUR VOUS DU PREMIER MAI 2011 ?
Le premier mai est tout d'abord la fête de tous les travailleurs du monde qui ce jour se rassemblent , défilent pour exprimer leurs revendications et conforter leur détermination pour mieux gagner les combats qu'ils auront à mener pour la construction d'une société où il fait bon vivre .C'est ensuite un moment pour exprimer notre mécontentement en face d'une société guadeloupéenne injuste et sous tutelle qui ne nous permet pas de vivre heureux dans notre pays .Il ne s'agit pour nous simplement de revendiquer pour obtenir des avantages matériels. Il s'agit aussi de montrer que c'est le régime politique qui nous est imposé qui est responsable de cette situation. A cet égard nous rappelons que la France pour nous n'est pas un modèle social et économique que nous devons atteindre . Nous voulons une société nouvelle fraternelle , solidaire et fondée sur le travail qui est le seul moyen pour que nous puissions triompher aux plans collectifs et individuels .Le débat qui oppose les conservateurs depuis quelques semaines sur l'assistance est méprisant .
CE DÉBAT EST EN EFFET IMPORTANT CAR IL POSE LA QUESTION DE NOTRE MODÈLE SOCIAL. POURRIEZ VOUS NOUS DONNER QUELQUES EXPLICATIONS ?
Vous avez raison de mettre l'accent sur cette question qui nous paraît fondamentale. Quelques points d'histoire sont nécessaires pour bien situer ses enjeux .En 1946 quand on imposa aux guadeloupéens un mode de gouvernement sans contrôle international ( les représentants de la Guadeloupe n'ont jamais été demandeurs , PAUL VALENTINO ayant déclaré que quand on a déjà un pouvoir fiscal on le l'abandonne pas ) il s'agissait d'appliquer selon les défenseurs de cette option dans notre pays la sécurité sociale française considérée comme un système supérieur et unique. Cette justification est particulièrement honteuse .Un système de protection sociale c'est de la mutualisation des recettes et des prestations et rien d'autre. Depuis ce système comme il fallait s'y attendre se transforma en assistance car le niveau de chômage a augmenté au fur et à mesure de son extension .La droite et la gauche française passe leur temps à disserter sur un système qui n'est ni juste, ni efficace et ni durable .Les conservateurs guadeloupéens s'égratignent sur l'assistance sociale. Les nationalistes au contraire affirment qu'ils vont construire modèle social guadeloupéen solidaire où les prestations versées seront fonction des revenus et des risques encourus par les guadeloupéens et où le droit du travail et le droit des entreprises seront fondés sur des entreprises dirigés par les travailleurs , les fruits des bénéfices répartis équitablement et le travail géré comme un facteur qui doit être protégé et traité comme une priorité .Ceux qui continuent de minorer les guadeloupéens en disant qu'ils ns sont pas capables d'avoir un système plus performant que des français ont vraiment une piètre idée des guadeloupéens .Ils donnent de nous l'image de passagers clandestins et créent les conditions pour que que les français nous méprisent en déclarant que nous coûtons chers .
VOUS AFFIRMEZ QUE NOTRE SITUATION SOCIALE EST LA CONSÉQUENCE DU RÉGIME POLITIQUE QUE LES FRANÇAIS NOUS IMPOSENT ?
Si notre situation sociale et le modèle qui le soutient sont si mauvais c'est qu'ils sont le produit du régime politique qui nous est imposé .Je profite pour dire que la loi de départementalisation de 1946 est non conventionnelle c'est à dire qu'elle n'est pas conforme à la charte des nations unies qui avait été déjà approuvé par les autorités françaises. Les français se sont moqués de nous comme ils le font si souvent en faisant croire le contraire et en utilisant tous les moyens pour imposer la non transparence. Pour avoir des prestations de qualité et durables dans le domaine social nous devons avoir notre république et donc construire et diriger notre état. En attendant il nous faut continuer d'exiger l'ouverture de négociations avec comme objectif de construire notre propre législation sociale .A cet égard il faut exiger des autorités françaises qu'elles respectent les accords de mars 2009.
