Le projet de loi des finances pour 2010 adopté ce jour par le conseil des ministres de la France qui s'est arrogée le droit de nous administrer malgré les dispositions contraires du droit international de la décolonisation va accentuer les dangers qui pèsent sur la Guadeloupe et notamment sur les ménages modestes et les petites entreprises . Il est émaillé de slogans comme celui qui consiste à affirmer qu'il s'agit d'un budget de relance qui visent à masquer la profondeur de la crise du système occidental qui si rien n'est entrepris nous emportera aussi. Plus précisément :
Tout d'abord le schéma général de ce budget est mauvais avec un déficit record qui représente 8,5% du PIB et un endettement de 97% du PIB .Le gouvernement laisse filer les déficits tout en arguant la prolongation d'une relance (perception anticipée du crédit d'impôt recherche, prime à la casse, « zéro charge » sur les embauches dans les TPE, etc). Les dépenses (fiscales et budgétaires) du plan de relance dépasseront encore 6 milliards d'euros en 2010, après avoir pourtant beaucoup dérapé cette année (FCTVA, mesures de trésorerie pour les entreprises).Plus précisément La Guadeloupe sera touchée par les suppressions de postes de fonctionnaires dans des conditions que personne ne sait , la faible augmentation des dotations aux collectivités locales l'application d'une taxe carbone particulièrement injuste et dont le coût sera momentanément masquée par une compensation et l'augmentation de la TVA pour l'acquisition de climatiseurs.
Ensuite le maintien des travers traditionnels des lois de finances que nous dénoncons depuis de nombreuses années sans résultats :
♦Manque de transparence. Les décideurs francais continuent à nous diluer dans un outre mer qui n'a aucune base sociologique. Les indications concernant la Guadeloupe seront connues plus tard. Par ailleurs, les crédits annoncés sont ceux du ministère de l'outre mer qui représentent à peine 12% des dépenses publiques totales. L'on ne saura qu'au dernier moment le montant approximatif des dépenses publiques.Ces dépenses ne donneront pas lieu à débat et vote puisque notre pays a été intégré .
♦Mensonges particulièrement choquants quand on lit les orientations du Gouvernement qui sont un élément de communication pour mieux duper et manipuler .En effet , le Gouvernement vise à développer un modèle de croissance endogène reposant sur les atouts des territoires, par la création des zones franches d'activité, tout comme les nouvelles modalitésd'exonérations de cotisations sociales patronales ciblées sur les bas salaires, les très petites entreprises et les entreprises des secteurs prioritaires qui permettront de renforcer lacompétitivité de ces territoires et de favoriser la création d'emplois et l'amélioration dupouvoir d'achat. L'État soutiendra également la compétitivité des entreprises grâce àl'aide au fret destinée à compenser les surcoûts supportés par les entreprises deproduction ; à accentuer son effort en faveur de la continuité territoriale et dela formation professionnelle, en particulier des jeunes ultramarins. Et à renforcer l'intervention en faveur des équipements structurants, le logement et les infrastructures publiques. Ces propos en apparence positifs sont démentis par une réalité faite de fermetures d'entreprises souvent abusives, de chômage et de renforcement des tutelles financières.
♦Non respect des engagements pris avec le RSTA. Le revenu supplémentaire temporaire d'activité (RSTA) imposé .Nous savons maintenant que cette décision visait à anticiper la création du revenu de solidarité active (RSA), qui sera versé dans ces départements à partir de janvier 2011 et non à apporter une aide aux entreprises pour le versement des deux cents euros. Il est proposé d'appliquer au RSTA un régime fiscal identique à celui du RSA qu'ilanticipe. D'une part, il serait ainsi exonéré d'impôt sur le revenu et, d'autre part, lesmontants versés seraient imputés sur le montant de la prime pour l'emploi (PPE).Ces nouvelles dispositions seraient applicables à compter de l'imposition des revenusperçus en 2009 et jusqu'à l'entrée en vigueur du RSA dans les départements d'outremer, prévue au plus tard en janvier 2011.
La politique budgétaire, fiscale et économique esquissée par ce projet va donc accentuer les fragilités, les blocages économiques et les injustices dans notre pays. Nous devons donc nous mobiliser pour changer ce qui est entrain de se tramer contre la Guadeloupe.
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