Le mouvement du peuple guadeloupéen est entrain d'abattre de nombreuses bastilles dans les domaines sociaux , économiques et politiques. Heureusement tant les systèmes en cause étaient défavorables aux salariés guadeloupéeens .L'une de ces bastilles est la politique des salaires et de financement de la protection sociale. En effet la demande des guadeloupéens que personne ne peut rejetter , un peuple est souverain, d'un supplément de salaires de 200 euros nets pour faire face à la vie chère et indemniser des années d'exploitation ouvre un nouveau chantier .Les autorités françaises qui se sont arrogées le droit de gouverner et d'administrer la Guadeloupe proposent de répondre à cette demande à partir de leur législation qu'elles acceptent simplement d'adapter à la situation guadeloupéenne .Ce mécanisme qu'elles ont pris l'habitude d'appliquer pour tout et pour rien s'apparente à la recherche du sexe des anges .Les solutions proposées seront complexes et difficillement applicables.
Pour notre part nous disons qu'il faut changer de réglementation et mettre en place un dispositif propre à notre pays afin qu'il soit durable et performant. La méthode et le contenu de ce dispositif devraient être les suivants :
Tout d'abord, il faut diagnostic de la situation des salaires dans notre pays afin que l'on sache avec précision qui gagne quoi et quel est l'éventail des salaires.
Ensuite créer un minima guadeloupéen de salaires à la fois pour le secteur public et le secteur privé assorti de grilles de classification à partir de décisions législatives et réglementaires élaborées par des instances guadeloupéennes et approuvées par les autorités françaises. Ce minima pourrait être fixé entre 1500 euros et 1700 euros brut mensuel .
Création d'un fonds d'intervention sociale pour accompagner les entreprises qui éprouvent des difficultés à financer leur gestion sociale alimenté par des contributions diverses dont l'abattement de 30% en matière d'impôt sur le revenu et l'abattement de l'impôt sur les sociétés .
Mise en place d'un nouveau régime de cotisations sociales pour financer la protection sociale fondé sur de la simplicité, une réduction et une suppression de cotisations. Ainsi pour les assurances sociales pour lesquelles nous demandons un diagnostic complet, la contribution des guadeloupéens est trop importante au regard de la jeunesse de nos populations et de la petitesse de nos entreprises.Il n'est pas cohérent et juste que le régime des cotisations des petites entreprises soit identique à celui des grandes entreprises.Enfin la base de cotisation ne peut être exclusivement composée des salaires. La valeur ajoutée de l'entreprise nous parait plus adaptée .
En tous état de cause, l'autonomie sociale que nous avons acquise doit être l'occasion de faire du neuf , du performant et de l'équitable .
JEAN PAUL ELUTHER
